Plus de retrouvailles!

Depuis notre entrée en France, nous privilégions les petites routes de campagne pour découvrir la France sous un autre œil, mais aussi pour être plus tranquilles par rapport à la circulation. Nous traversons donc de nombreux petits villages où nous gouttons le pain du boulanger, le fromage et la charcuterie locaux. Nos papilles se régalent!

Entre Montauban et le Gard, nous avons fait halte à Mazamet où l’Association du Pot Ethique a souhaité que nous présentions notre aventure. Même si c’était le temps des vacances, les gens se sont quand même déplacés et c’est en petit comité que nous avons partagé notre expérience. C’était une expérience bien différente de celle de Montauban où plus d’une centaine de personnes étaient présentes, mais tout aussi agréable.

Entre le Tarn et l’Hérault, nous avons grandement apprécié de circuler plus de 50km sur une voie verte, une ancienne voie ferrée reconvertie en piste cyclable. Il faut le reconnaître, il fait bon de retrouver des équipements publics de cette qualité.
Dans le Gard, nous avions donné rendez-vous à la famille de Sara et les amis au début de la voie verte de Sommières. C’est là que nous avons retrouvé Marie-Thérèse, tante de Sara, que nous n’avions pas vue depuis presque 2 ans. Il y avait aussi Carl et Nadine (oncle et tante), Titouan et Anélie (cousins) qui étaient venus nous rejoindre 2 semaines au Costa Rica, il y a un an. Tout a commencé par un pique-nique dans l’herbe. Puis nous avons proposé un café… Nadine, confuse, répond qu’elle a oublié le thermos de café… Mais pas de souci : sous les yeux ébahis des spectateurs, Sébastien sort son réchaud, fait chauffer de l’eau et nous sortons le peu de café soluble que nous avons dans nos sacoches et le sucre qui nous reste. Comme quoi, un cyclo-voyageur a toujours de quoi faire en (presque) toute situation ! C’est donc après cette petite tasse de café que nous reprenons la route pour les 20 derniers kilomètres. A mi-distance, un cousin éloigné, Cyril, nous rejoint avec ses 2 enfants. Nous ne le connaissons pas, mais lui nous connait bien : il a suivi toutes nos aventures ! Ce moment de retrouvailles était très touchant. Nous avons partagé un peu de notre temps de pédalage avec nos proches et cela n’a pas de prix !

En fin d’après-midi et guidés par Marie-Thérèse (qui avait l’impression de nous ramener à la maison !), nous retrouvons les grands-parents de Sara, impatients de nous voir. Mamie Jeannette, avec Sabine, une cousine éloignée, nous attend au coin de sa rue. Elles nous applaudissent en nous voyant arriver. Ce sont ces petits signes, qui peuvent paraître si anodins, qui nous touchent : quelqu’un qui sort et nous attend à sa porte, un sourire, une accolade…

C’est chez les grands-parents de Sara que nous regardons le Journal Télévisé pour la première fois depuis 2 ans. Nous sommes un peu perdus entre la grève de la SNCF dont nous ne comprenons pas les causes, puisque jamais elles ne seront évoquées, et les conséquences franco-françaises de l’éruption du volcan islandais. Nous sommes impressionnés de voir comment ces informations ne traitent les informations que d’un point de vue français, comme s’il n’y avait que la France dans le monde. Nous sommes aussi consternés de voir comment le Journal Télévisé parle des conséquences sans parler de la cause. Nous demandons autour de nous et personne ne peut vraiment nous expliquer pourquoi la SNCF fait grève, si ce n’est que cela fait presque 15 jours qu’ils font grève… Les avions sont donc cloués au sol en Europe, et cela nous fait du bien ! Depuis 2 ans, nous n’en avions pas vu et entendu autant que depuis que nous sommes revenus en Europe à Madrid. Même lorsque nous sommes sous notre tente perdus au milieu d’un bois, ils brisent le silence de la nature en nous survolant…

Hier, dimanche, Marie-Thérèse a organisé un repas chez elle avec tous les cousins, oncles et tantes du côté maternel (de Sara). Nous avons fait connaissance de Colline, un petit bout de chou qui est née après notre départ. Nous avons bien ri et observé aussi.

Demain, nous reprenons la route. La famille de Sébastien nous attend avec impatience et nous allons enfin faire connaissance avec Paulin, notre petit neveu, né lui aussi après notre départ. Vous vous souvenez peut être, ce petit bout qui sera futur champion de ski de fond et de vélo, mais qui travaillait plutôt sa voix !

[Drapeau de France Sara | Le 19-04-2010 23:40 | 3 commentaires]

Retrouvailles

Lorsque nous avons quitté Rachel et Guillaume, nous avions un peu d’appréhension… Appréhension de retrouver Sylviane, la mère de Sara que nous n’avions pas vue depuis presque 2 ans… Appréhension de deux conférences  avec toute une équipe qui a tout organisé, où nous nous devions d’assurer… Appréhension de retrouver une ville que Sara connait depuis presque 22 ans…

Et finalement, c’est à l’entrée de Montauban que Sylviane nous attend avec son amie Pascale et sa fille Anastasia. Nous sommes accueillis par une Ola sur le bord de la route, un simple geste qui nous met les larmes aux yeux. Une voiture s’arrête aussi à notre hauteur: c’est Bernard de l’équipe d’organisation de la conférence de Montauban qui nous a reconnus et a tenu à venir nous saluer. Nous sommes heureux et émus. Toute cette mobilisation nous touche tant!

Vendredi après-midi, nous nous sommes rendus à Lou Camin, une maison de santé pour maladies mentales qui dépend de la Fondation John Bost. Là aussi, nous sommes attendus en "héros". Notre présentation plait et nous nous sentons à l’aise.

Puis, à 17h30 nous quittons Lou Camin pour nous rendre dans le centre de la ville de Montauban: un comité d’accueil nous attend pour un petit tour de ville à vélo. L’adrénaline monte, ainsi que la pression: ce soir là, c’est notre première grande conférence avec des intervenants de microfinance venant de tout horizon, avec un microphone et des attentes de nombreuses personnes. Nous sentons que nous devons être clairs et précis dans nos explications, ce qui nous semble difficile: nous avons tellement de choses à raconter qu’il est dur de ne pas nous perdre. Nous voulons tellement partager que nous pourrions parler de notre voyage pendant quatre heures de suite. Ce soir-là, c’est seulement une heure de temps de parole. La salle de 100 places assises est remplie, il y a même 30-40 personnes assises par terre. Nous sommes un peu intimidés, mais finalement, nous maitrisons notre sujet, nous arrivons à faire rire et sourire les gens, à les captiver, à faire briller quelque chose dans leurs yeux.

Pendant toute cette journée, les personnes présentes tenaient vraiment à venir nous saluer, comme si nous étions "extraordinaires". C’est d’ailleurs le mot utilisé par la présentatrice dans son microphone, en plein centre ville. Pourtant, nous nous sentons "normaux". Nous avons juste eu le courage à un moment donné de prendre la décision de vivre un moment de notre vie différemment. Notre volonté et notre ténacité ont été le moteur de notre motivation et c’est avec beaucoup d’énergie et de travail que nous avons mis en œuvre ce projet. Mais nous sommes toujours deux personnes dans un monde qui en compte des centaines de millions, deux poussières dans l’univers parmi des centaines de millions…

Vous l’aurez compris, les conférences auxquelles nous avons participé à Montauban se sont très bien passées, et nous remercions les organisateurs pour leur travail énorme et leur accueil. Nous remercions aussi toutes les personnes qui ont fait le déplacement pour venir nous rencontrer et qui nous ont témoigné leur soutien. Cela nous a touché énormément de voir que nous avons pu partager notre aventure avec autant de monde, sans le savoir, et que même si notre action n’est qu’une goutte dans l’océan, elle a été entendue par quelques personnes qui ont exprimé une forte volonté de changement et d’ouverture, mais qui ne savent pas toujours par où commencer.

Nous remarquons tout de même une chose qui nous perturbe: en Europe, en Espagne et en France en particulier, nous avons vraiment perdu la simplicité d’une rencontre. Toutes les relations semblent plus compliquées, plus régulées… Un grand changement par rapport à ce que nous avons pu voir dans les Amériques pendant notre aventure.

PS: Lundi soir 12 avril, nous serons en direct à 17h00 pour une interview sur CFM radio (Montauban: 90.7)

[Drapeau de France Sara et Sébastien | Le 12-04-2010 00:28 | 2 commentaires]

Douce France…

Depuis notre départ à Madrid, les éléments se sont un peu déchainés contre nous, nous faisant douter de pouvoir rallier la France à vélo.

Le premier jour, Sébastien a quelques soucis de changement de vitesses: certaines ne passent pas… Nous regardons tout cela de plus près. Le dérailleur a l’air un peu bizarre, mais nous n’arrivons pas à déterminer ce qui "cloche". Nous allons voir un magasin de vélo… Le mécanicien nous demande 2 semaines avant de pouvoir le réparer… Nous continuons donc et c’est le soir que le dérailleur se prend dans les rayons. On tire, on s’énerve, on réfléchit aux possibilités… Le lendemain matin, nous repartons en arrière pour nous rendre à Guadalajara, petite ville au nord de Madrid. Ce détour nous rajoute 30km, mais au moins, le petit papi qui tient le magasin de vélo est un passionné: il prend le temps de regarder le vélo de Sébastien, pose mille et une questions sur notre voyage, ne nous croit pas quand on lui dit qu’on a fait plus de 21.000km dans les Amériques. Finalement, c’est la patte de dérailleur qui a pris un coup lors du transport depuis Ushuaia. Il la détord avec une simple clé et nous dit que cela devrait tenir jusqu’à Paris. On croise les doigts donc, car les jours suivants, notre itinéraire nous mène dans des contrées reculées de l’Espagne où les magasins de vélos sont rares.

Bien entendu, cet incident mécanique de dérailleur aurait pu être le seul. Et bien non! Voilà que la chaine de Sébastien fait encore des siennes! Dans une montée, voilà la chaine par terre, Sébastien qui peste: encore cassée! Nous essayons de nous trouver un endroit à l’abri du vent pour réparer. Bien sûr, un maillon s’écartera encore à nouveau.

Du vent? Et oui, du vent! Nous avons eu beaucoup de vent, dans le dos principalement. Nous avançons bien, poussé par ce souffle et les kilomètres s’enchainent. Mais comme vous vous en doutez, le vent est aussi le pire ennemi du cycliste ou plutôt du campeur… Depuis Madrid, aucun camping n’est ouvert. Nous ne faisons que du camping sauvage avec douche dans la rivière gelée un jour sur deux (nous ne trouvons pas forcément un cours d’eau pour une douche tous les jours… ou c’est bien trop froid pour s’y baigner!). Alors que nous nous sommes égarés à cause d’une route de notre carte qui n’existe plus, fatigués, nous trouvons alors un bon lieu pour camper pour la nuit. Le vent est fort, mais nous savons, par expérience, que le vent tombe quand le soleil se couche. Or, cette nuit là, le vent s’est intensifié! Notre petite tente tient bon, mais est bien secouée. Nous redoutons vraiment qu’elle casse… C’est à 5h du matin avec très peu de sommeil, dans la nuit noire (le soleil se lève à 8h) que nous plions tout et levons le camp. Le chemin descend jusqu’au village le plus proche où nous trouvons refuge pendant 2 bonnes heures dans le seul bar ouvert. La télévision est allumée et nous comprenons ce qu’il se passe: une perturbation passe au Nord de l’Espagne. Les vagues à San Sebastian font plus de 5 mètres de haut, au grand bonheur des surfeurs et notre plus grand désarroi… La femme qui gigotte devant la carte de l’Espagne nous assure que le vent devrait se calmer… Nous en doutons, mais finalement, ce sera vrai. Ouf! Autant vous dire que la nuit d’après, nous nous sommes enfoncés dans la forêt, protégés de la pluie et du vent (mais pas de l’humidité) et avons dormi comme des loirs 12h d’affilée!

Petite anecdote au passage: depuis notre retour en monde civilisé, nous faisons face aux dérives de la société de consommation… Les formats d’emballages sont vraiment beaucoup trop grands pour nous! Où voulez-vous que nous stockions 36 rouleaux de papier toilette dans nos petites sacoches??? Même par 6, le plus petit conditionnement que nous ayons trouvé, c’est encore trop grand pour nous!

Les derniers jours de pédalage, nous avons eu beaucoup de trafic sur la route. C’était la semaine Sainte, et c’est une période où les Espagnols sont en congés et partent en vacances. Même malgré ce trafic très intense, les automobilistes ont continué à bien nous respecter.

Nous n’avons pas particulièrement cherché à échanger avec les personnes croisées le long de notre route, mais en même temps, personne ne nous a adressé la parole. Nous avons ressenti beaucoup d’indifférence à notre égard, ce qui change beaucoup!

Après plus de 500km en 7 jours, nous sommes arrivés au pied du mur, au fond de la vallée de Roncal, au milieu de la chaîne des Pyrénées. Pas si impressionnante que ça, tout compte fait! En 3 bonnes heures d’effort, nous étions déjà au sommet du col de la Pierre Saint Martin à 1760m, très déçus de ne trouver absolument aucune pancarte signalant notre entrée en France et nous souhaitant la bienvenue. Le vent glacial nous a aidés à monter parce qu’il était dans le dos d’une part, et parce qu’il poussait vers nous de gros nuages noirs chargés d’une neige que nous ne voulions pas fouler de nos pneus! Replier la tente encore givrée nous avait déjà suffit pour la journée. Vêtus de tous nos vêtements chauds et coupe vent, nous avons amorcé la descente vers le Béarn dans la vallée de Barétous. Guillaume était au rendez-vous, il nous attendait pour nous accompagner à vélo sur les derniers kilomètres de cette longue étape symbolique. Son épouse Rachel et lui ont eux aussi traversé les Amériques à vélo il y a quelques mois et ils nous accueillent aujourd’hui très chaleureusement chez eux. Nous nous régalons d’échanger nos expériences, et prenons bonne note de leurs nombreux conseils pour notre retour et l’organisation de nos conférences.

[Drapeau de France Sara et Sébastien | Le 03-04-2010 20:58 | 5 commentaires]

Nouvelles du front

Entre problemes mecaniques (Derailleur pris dans les rayons, maillons de chaine casses), une tempete sous la tente avec un depart obligatoire pour se mettre a l'abri en pleine nuit, un rechaud qui a des soucis de fonctionnement, nous avancons surement vers la France...

Demain vendredi, nous traverserons les Pyrenees par le col de la Pierre Saint Martin (1760m d'altitude). Pensez vous que nous aurons une tempete de neige??

Nous devrions vous raconter tout cela en details des que possible, quand nous serons au chaud et au sec chez Rachel et Guillaume, 2 cyclovoyageurs francais qui seront nos premiers hotes en France.

[Drapeau de Espagne Sara et Sébastien | Le 01-04-2010 17:27 | 5 commentaires]

Retour sur le vieux continent

Notre vol transatlantique s’est bien passé même s’il y a eu des turbulences du début à la fin. Tous nos bagages et nos vélos sont arrivés sains et saufs.

A l’arrivée, nous avons retrouvé Gill et Séverine, le père de Sara et son épouse, qui nous ont fait le plaisir de nous accueillir en Europe après ces presque 22 mois de voyage en dehors du continent. Ils ont passé 2 jours avec nous et nous ont aidés à reprendre nos marques.

Nous réhabituons nos palais aux saveurs complexes d’une cuisine plus élaborée. A Madrid, nous redécouvrons les pièces et billets en euros, les ruelles étroites et sinueuses du centre ville. Cela change des plans des villes du nouveau monde tirés au cordeau et de leurs rues toujours parfaitement parallèles ou perpendiculaires les unes aux autres. En nous promenant, nous sentons la richesse du passé historique qui semble peser sur l’atmosphère et le rythme de la ville: alors que les Madrilènes nous semblent plus stressés et pressés que les Porteños (habitants de Buenos Aires), la ville de Madrid bouillonne moins d’activité.

Dans les rues, que nous soyons à pied ou à vélo, nous nous sentons respectés par les automobilistes; ils actionnent même leur clignotant pour nous dépasser!

L’accent, la prononciation, le vocabulaire et le rythme de l’espagnol que nous avons appris en Amérique Latine est bien distinct du castillan d’Espagne!

Nous réapprenons aussi à jeter le papier toilette dans la cuvette plutôt que dans la poubelle. En effet, le mauvais état des canalisations de tous les pays traversés depuis le Mexique ne permet pas que l’on jette le papier toilette dans celles-ci, et on trouve toujours une poubelle à proximité.

Nos demandes de visites d’Institution de Microfinance à Madrid n’ont pas abouti… Mais la préparation de nos conférences et le tri de nos photos occupent bien nos journées!

Beaucoup de différences donc, et c’est très amusant de "découvrir" cela avec un nouvel œil.

[Drapeau de Espagne Sebastien | Le 24-03-2010 19:39 | 5 commentaires]

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