Terre de Feu

Ça y est, nous voici en Terre de Feu pour le dernière ligne droite! Après 2 heures de ferry entre Punta Arenas et Porvenir, nous avons quitté le continent Sud-Américain et débarqué sur la grande île de la  Terre de Feu. En 1520, lorsque Magellan passa dans le détroit qui porte désormais son nom, les terres alentours étaient illuminées des feux de camp des populations indigènes vivant ici. Ces derniers vivaient presque nus et maintenaient toujours un feu auprès d'eux pour les réchauffer. C'est ainsi que Magellan donna le nom de "Terre de feu" à cette île.

Dans sa partie nord, celle que nous venons de traverser jusqu'à Rio Grande, le paysage est semblable à celui du continent: de la pampa balayée par un vent glacial omniprésent. Ce paysage monotone nous laisse beaucoup de temps pour penser lorsque nous pédalons... Nostalgiques, nous nous remémorons tous ces bons moments que nous avons vécus ces 20 derniers mois. Il y en a tellement que nos pensées s'entrechoquent dans nos têtes. A cela vient s'ajouter l'excitation de l'arrivée si proche et la préparation du retour en Europe.

Il y a 2 jours, le vent glacial nous a mené à demander à une estancia de planter la tente à l'abri d'un bâtiment. C'est Marcelo qui nous a reçus, un sourire ancré sur son visage. Il était plus qu'heureux de nous recevoir pour quelques heures. Il nous a offert une visite guidée de l'Estancia dans laquelle il est employé comme gaucho. Nous savons désormais tout dans les détails de l'élevage et l'exploitation d'un troupeau de 4500 moutons et brebis.

Nous avons passé la dernière frontière de notre voyage entre le Chili et l'Argentine, et avons pour l'occasion retrouvé le goudron. Nous avons campé au bord de la route entre 2 exploitations gazières, l'une portant le nom de "La Sara" et l'autre portant le nom de "San Sebastian"!

A Rio Grande, c'est Anibal et sa famille qui nous reçoivent comme des rois pour quelques nuits. Il nous a invités par l'intermédiaire de Sylvain et Elodie, les 2 cyclovoyageurs que nous avions rencontrés en quittant l'île de Chiloé, et qui lui avaient parlé de nous. Ils étaient restés chez lui en Décembre. Comme il le dit lui même: "les amis de mes amis sont mes amis!". Merci Anibal pour ta générosité! Tu représentes à merveille toutes ces personnes qui nous ont aidés dans ce voyage!

[Drapeau de Argentine Sebastien | Le 17-02-2010 12:52 | 2 commentaires]

Vent glacial mais chaleur humaine

Le vent est toujours là... Il souffle toujours aussi fort. Nous avons parfois l'impression de l'avoir de face, mais les cyclo-voyageurs que nous croisons nous assurent que nous l'avons bien dans le dos! C'est vrai qu'il est pour nous plutôt favorable, et nous en profitons! Bien qu'il fasse en journée entre 10 et 15 degrés, nous ne pédalons plus sans notre veste coupe-vent, et dès que nous nous arrêtons, il nous faut vite enfiler une ou deux polaires à cause de ce vent glacial.

Nous avons traversé ces derniers jours le parc national Torres del Paine, considéré comme l'un des plus beaux parcs naturels d'Amérique Latine. Nous l'avons arpenté sur la piste à vélo, mais aussi en randonnée à pied. L'attrait du parc est un massif montagneux de roche granitique dont les parois de plus de 1000m donnent le vertige aux meilleurs alpinistes ou andinistes. Nous avons pu admirer les couleurs rougeoyantes du soleil levant sur les fameuses tours de granite avant de partir en randonnée s'en approcher de plus près. Lors de notre pique-nique à leur pied vers 900m d'altitude, le froid, le vent et les flocons de neige qui tombaient nous ont littéralement glacés.

Depuis bientôt trois semaines, nous avons de nouveaux compagnons de voyage qui nous encouragent du bord de la route ou de la piste... Ce sont les guanacos, ces cousins sauvages des lamas, alpagas et vigognes. Ils ne sont pas si sauvages que cela et même plutôt curieux! Au passage, il n'est pas rare non plus que nous surprenions des renards, mais chose qui nous surprend plus, ce sont les perroquets qui nous ont survolé une fois ou deux, ou bien ces drôles d'autruches sauvages, les nandus.

Au chapitre des rencontres, ce sont de bien belles que nous avons vécues récemment. En une fin d'après-midi très ventée, nous avons trouvé près d'une rivière un abri précaire derrière des arbustes pour planter nos tentes. Étant visibles depuis des habitations, nous avons préféré aller demander l'autorisation à leurs habitants. Il s'agissait en fait de l'une de ces nombreuses estancias qui exploitent les terres patagoniennes, et c'est à sa propriétaire que nous avons demandé si nous pouvions planter notre tente à l'abri de l'une de ses bâtisses. Avec un grand sourire, cette dame âgée d'une soixantaine d'années nous a répondu immédiatement qu'il n'en était pas question, et qu'elle allait nous installer au sec et à l'abri du vent dans la maison des tondeurs de moutons! Entre temps, son mari est rentré et nous a accueillis aussi chaleureusement. Ravis, nous avons accepté, et elle nous a ensuite apporté une casserole d'eau chaude et du petit bois pour allumer un feu dans le poêle de la pièce principale. Nous n'en demandions pas tant! Plus tard, une jeune femme s'est présentée à nous et nous a invités à venir manger chez elle. En dégustant une soupe à base de riz et d'agneau, suivie d'un bon morceau d'agneau accompagné de purée crémeuse, nous avons fait la connaissance de ce jeune couple d'employés de l'estancia: elle cuisine pour les propriétaires et lui est « gaucho », le fameux gaucho de Patagonie. Il travaille essentiellement à cheval. Surprenant, sa préoccupation première est de s'assurer que l'estancia ne manque pas de bois, mais il doit aussi s'occuper des 40 chevaux, des 120 vaches, des 25 chiens, sans oublier les 4.500 moutons et les 4.500 hectares de terrain. Avec leurs fils de 3 ans et 9 mois, ils sont extrêmement heureux comme cela, même si leurs contrats sont très précaires et jamais à l'année. Nous avons passé une merveilleuse soirée à échanger sur nos vies respectives.

Ce matin, c'est à la rencontre d'une colonie de 150.000 pingouins de Magellan que nous sommes partis en bateau sur l'île Magdalena située dans le détroit de Magellan, ce détroit contrôlé par les chiliens qui sépare le continent sud-américain de la terre de feu. Nous avons marché au beau milieu de la colonie et observé ces créatures amusantes.

Les jours passent, les kilomètres défilent, et nous voici maintenant à seulement une dizaine de jours de l'arrivée! Que se passe-t-il dans nos têtes?

Et bien nous avons du mal à nous rendre compte que l'arrivée est si proche, du mal à réaliser. Il s'est passé tellement de choses depuis notre départ d'Anchorage! Cela fait plus de 3 ans que le nom de la ville d'Ushuaia raisonne dans nos têtes et hante un rêve lointain... Ce rêve est sur le point de devenir réalité et nous en sommes heureux.

PS: la nouvelle roue arrière du vélo de Sara fonctionne très bien et devrait tenir au moins jusqu'à Ushuaia! Nous avons tout de même changé la chaîne, trop maltraitée par la roue mal construite...

[Drapeau de Chili Sebastien | Le 11-02-2010 22:43 | 5 commentaires]

Meilleur ami ou pire ennemi?

En quittant El Chalten par un ciel dégagé, nous avons enfin compris pourquoi tant de touristes se trouvent ici! Le massif du Fitz Roy et les massifs montagneux environnants sont absolument magnifiques! Il a neigé assez bas pendant la nuit et pour notre plus grand bonheur, toutes les montagnes alentours étaient couvertes d'une belle poudrée blanche.

Heather ne nous a pas accompagnés cette fois-ci, souffrant à nouveau des genoux. Dans les premiers kilomètres, nous avons pris de nombreuses photos avec ces belles montagnes en arrière plan. Le vent nous a ensuite poussés pour 90km de pur bonheur à quasiment 30km/h de moyenne, le temps de rejoindre la mythique route 40. Là, nous avons presque effectué un demi-tour et avons pris le vent de face... 3h sur la selle pour parcourir seulement 30km... Une belle journée tout de même avec plus de 120km au total. A peine éloignés des montagnes, nous avons retrouvé la steppe aride argentine, un paysage semblable à ceux du nord de l'Argentine ou de l'altiplano. Le 3ème jour, nous avons dû nous lever à 5h45 pour partir le plus tôt possible avant que le vent ne se lève, puisque notre cap était à l'ouest pour rejoindre El Calafate. Bien nous en a pris, car nous n'avons presque pas eu de vent, et il s'est mis à souffler très fort lors de notre arrivée.

Nous sommes en période de haute saison touristique. Tous les hébergements affichent complet ou presque, et les prix s'envolent, très souvent au-delà de la raison... Ainsi, la première journée après 110km, nous avons fait halte à une estancia perdue au milieu de nulle part qui proposait une aire de camping: un espace de terre battue mais poussiéreuse légèrement abrité du vent par une sorte de palissade. Pas d'autres services hormis une douche chaude. On nous demandait 10USD/personne, soit environ 7,20EUR, ce qui correspond ici à la valeur d'environ d'1,25kg d'un excellent morceau de viande bovine, et on vous garantit qu'à ce prix là, la viande fond dans la bouche! Nous avons essayé de négocier, mais la propriétaire n'a rien voulu savoir, prétextant qu'elle avait des coûts très élevés. En y réfléchissant plus tard, nous nous sommes souvenus des magnifiques terrains de camping que nous avons fréquentés en Alaska et au Canada qui devaient faire face aux même coûts mais proposaient beaucoup plus de services (WiFi, lave-linge,...) pour un prix plus faible... Cet exemple est caractéristique de ce que nous vivons en ce moment: l'afflux de touristes pervertit complètement la relation que nous pouvons avoir avec les locaux si nous restons sur le circuit bien balisé qu'empruntent tous ces moutons... Heureusement, les vélos nous permettent de temps en temps de nous écarter de ce parcours fléché!

Même chose hier pour aller admirer le glacier Perito Moreno, un des rares glaciers au monde qui progresse toujours. En tant que touriste étranger, nous avons payé l'entrée à 15EUR. Les Argentins payent 4,50 EUR, et l'entrée est gratuite pour les habitants d'El Calafate. Nous sommes pris pour des vaches à lait. Ceci dit, le glacier est vraiment impressionnant, et nous avons réussi à échapper à la masse des touristes en louant une voiture avec Heather, Rebekka, Urban et Denis et en nous y rendant aux aurores. Le petit-déjeuner face à ce spectacle a été royal! Le front du glacier est large de 5km et haut de 60m. Le glacier glisse de 2m par jour et des pans entiers de glace se détachent de son front dans un craquement semblable à celui du tonnerre et s'effondrent dans les eaux du lac Agrentino en provoquant d'énormes vagues. Nous sommes restés bouche-bée devant ce monstre durant plusieurs heures.

La nouvelle jante arrière du vélo de Sara a déjà rendu l'âme après seulement 730km! Elle avait été tellement mal montée qu'elle n'aura même pas duré 3 semaines! Elle a contraint anormalement la chaîne dans son fonctionnement, ce qui doit être à l'origine de tous les problèmes de chaîne que nous avons eus. Nous avons trouvé à changer la jante ici à El Calafate. Le travail semble propre. Il faut dire que nous avions mis la pression au responsable du magasin! Nous croisons maintenant les doigts pour qu'elle tienne au moins jusqu'à Ushuaia!

[Drapeau de Argentine Sebastien | Le 02-02-2010 18:44 | 5 commentaires]

Le parcours du combattant

Ces dernières semaines, nous avons partagé des moments inoubliables avec de nombreux cyclo-voyageurs. Bien sûr, il y a Heather qui nous accompagne depuis novembre, mais il y a aussi Rebekka et Urban (suisses) avec qui nous nous sommes souvent retrouvés, Thomas et Julie (Nouvelle-Zélande), Ashlie (Canada), Sean (Irlande), Elodie et Sylvain (tandemistes français), Martin (Nouvelle-Zélande), Benjamin et Alejandra, couple franco chilien en tandem qui nous a beaucoup aidé lors de notre panne avec la roue arrière du vélo de Sara à Villa Cerro Castillo, Denis (France)… Par hasard dans la rue à Cochrane, nous sommes tombés sur deux grandvalliers (du plateau jurassien où j’ai grandi), Arnaud et Guillaume en voyage à vélo en Amérique du Sud pendant 6 mois après leur voyage de l’Europe à l’Asie. Par les échanges que nous avons avec eux, ils nous aident tous à progresser, nous nous encourageons mutuellement, nous partageons les hébergements, et nous passons d’excellents moments tous ensembles.

Nous nous sommes ainsi retrouvés à une dizaine de cyclo-voyageurs dans la même auberge à Villa O’Higgins, à attendre le même bateau. Nous y avons même retrouvés Seth et Kirsten, les cyclo-voyageurs américains qui nous avaient hébergés à Santiago du Chili. A cause d’un vent violent, le départ a été retardé d’une journée. Après les 7 derniers kilomètres de la Carretera Australe tous ensembles, nous avons embarqué pour 3h de bateau pour traverser le lac O’Higgins très agité et débarqué à Candelario Mancilla où nous avons passé la douane chilienne. La particularité de ce passage de frontière, et ce qui en fait son attrait pour nous, c’est qu’il n’est accessible qu’à pied… ou en vélo! Aucune voiture ne peut passer la frontière à cet endroit là! Quel bonheur de pouvoir progresser sans gaz d’échappement, au milieu de paysages superbes : un lac aux couleurs turquoises entouré de montagnes enneigées et de glaciers suspendus.

Nous avions prévu de louer les services d’un cheval pour porter quelques-unes de nos sacoches et alléger en conséquence nos vélos. Mais bien que nous ayons fait une réservation, le loueur n’a pas eu envie de nous louer l’un de ses chevaux… C’est donc avec les vélos complètement chargés sur ce chemin à peine carrossable que nous avons entamé la montée. Après avoir poussé assez souvent, nous nous sommes retrouvés 4h plus tard au sommet, à la frontière. Nous étions donc dans les temps, et d’après les expériences d’autres cyclo-voyageurs, il nous restait 3h pour redescendre de l’autre côté… Un cyclo-voyageur belge progressant dans l’autre sens nous a informé que nos amis étaient une heure devant nous environ. Nous savions aussi que la partie difficile se trouvait devant nous. Sara a eu la bonne idée de trouver un système pour attacher nos sacoches avant à l’arrière du vélo : nous savions que des ornières nous attendait où les sacoches avant ne peuvent pas passer. Le vélo est devenu difficilement contrôlable mais c’était tout de même beaucoup plus pratique pour marcher à côté du vélo sur ce sentier et pour passer tous les obstacles de ce véritable parcours du combattant. Nous avons passé d’innombrables rivières en équilibre sur des branches d’arbres, traversé des marécages les pieds dans la boue, poussé, tiré nos vélos trop lourds dans de nombreux raidillons, glissé sur les racines humides, nous sommes tombés plusieurs fois sous le poids du vélo, nous nous sommes griffés les jambes sur la végétation, nous nous sommes meurtris les mollets avec nos pédales…

Après 4h de galère, nous n’avions parcouru que 4 ou 5km sur les 7 à parcourir. Nous étions épuisés, et à 21.30, la nuit arrivait. Nous avons passé une dernière rivière en mettant chacun un pied dans l’eau et avons installé notre bivouac d’urgence dans un endroit à peu près sec. Filtrage de l’eau, préparation d’une soupe et de pâtes sur le réchaud, et repas à l’abri de la pluie dans la tente; nous nous sommes couchés à 1.00 du matin! Le lendemain, réveil à 7.30 avec l’objectif d’arriver au bout de ce chemin infernal avant 11.00 pour prendre le premier des 2 bateaux quotidiens traversant le Lago del Desierto (le suivant était à 18 heures). 500 mètres après le départ, il nous a déjà fallu décharger les vélos pour traverser une rivière. Sous la pluie, les racines et la boue étaient encore plus glissants que la veille. Nous avons terminé par une descente très pentue dans un sentier en ornière, à se laisser embarquer par le poids du vélo dont les freins ne répondaient plus: comme en Equateur il y a quelques mois, l’eau combinée à la boue et au sable ont eu raison de nos patins de frein.
C’est avec un soulagement certain que nous sommes arrivés en bas à 11h10, passé la douane argentine en voyant arriver le bateau. Nous avons embarqué avec Denis, Urban et Rebekka arrivés ici la veille au soir. Alors que nous avons tous mis le même temps pour monter, il nous a fallu plus de 5h pour descendre alors qu’ils n’en ont mis que 3 et demie.

A bord du bateau, nous avons réussi à éviter l’arnaque des employés consistant à nous demander de payer un extra de 10 pesos pour le transport des vélos, et après un pique-nique tous ensembles, c’est sous la pluie que nous avons parcouru les 36km de piste jusqu’à El Chalten. Malheureusement, ce temps maussade nous a empêché de pouvoir voir le fameux Fitz Roy… Un vent très violent a soufflé toute la nuit, et nous espérons pouvoir voir un peu mieux au cours d’une promenade à pied les somptueux massifs montagneux aperçus hier.

Et si c’était à refaire?

Sébastien: "j’enlève la pédale de gauche, peut être même les 2, et je ne cherche pas à garder les pieds au sec ou hors de la boue!"

Sara: "Je met des bottes de pluie ! Je voyage plus légère. Ou j’insiste pour avoir un cheval, afin de bien savourer ce passage de frontière très spécial et profiter de cette randonnée."

Heather: "Je prendrais un sac à dos pour alléger le vélo, ainsi que des sacoches à charger et à décharger plus facilement. Je choisirais également des vêtements de pluie plus étanches… ce qui s’applique à toute la Patagonie."

[Drapeau de Argentine Sebastien | Le 28-01-2010 17:44 | 5 commentaires]

Au bout du monde

Après notre jour de repos à Cochrane, nous voilà repartis en direction de Villa O’Higgins, dernier village sur cette route si belle, mais aussi si demandeuse en énergie et motivation. Le temps est clément et nous pouvons enfin pédaler sans nos vêtements de pluie, dans lesquels nous transpirons régulièrement à grosses gouttes. La route est sinueuse et se faufile entre les vallées, avec des multitudes de cascades. Elle est en assez bonne condition, monte et descend, ce qui est assez cassant. Quand nous arrivons à lever les yeux, souvent rivés sur la piste piégeuse, nous voyons fréquemment des condors et avons même vu une fois un renard.

Sur la route, nous rencontrons beaucoup de cyclo-voyageurs comme nous, surtout à Puerto Yungay, où un ferry est nécessaire pour traverser la rivière. Comme il ne fonctionne pas souvent, c’est le rendez-vous des voyageurs. On échange, on partage les informations, on rit. C’est un peu le moment de détente où on oublie le mal aux jambes, les problèmes mécaniques, la pluie et le vent qui s’acharnent.

Nous avons eu un jour de pluie non-stop sur ce tronçon: du matin au soir, la pluie n’a cessé de tomber. Nous voulions un endroit un peu au sec pour manger notre repas de midi. Tout à coup, nous voyons une maison à gauche. Nous décidons de demander à manger à l’abri. C’est un homme assez âgé qui nous voit et nous indique où nous mettre à l’abri. Un autre voyageur à vélo est dans la dépendance: il a passé la nuit là, alors qu’il ne pouvait plus continuer vers le Nord la veille à cause du vent et aujourd’hui à cause de la pluie. Nous mangeons au sec, le voyageur à vélo décide de continuer lorsque nous lui disons qu’il y a un endroit au sec à Puerto Yungay où il pourra se réfugier à condition d’attraper le ferry de 19h (le mécanicien du ferry met à disposition une maison dans le village pour ceux qui le souhaitent). Finalement, le casse-croute se termine en une nuit sur place. Le couple qui vit là surveille la maison et l’immense propriété, mais n’en est pas propriétaire. En discutant avec eux, nous découvrons que nous sommes logés dans l’une des nombreuses propriété de la 2ème fortune du Chili: le directeur de la banque "Banco del Estado", une banque présente dans tout le pays!!

Les problèmes mécaniques ne nous ont encore pas épargnés: nous avons cassé et changé des maillons sur nos 2 chaines. Un des roulements du pédalier du vélo de Sébastien a besoin d’être changé rapidement…

Nous sommes arrivés hier à Villa O’Higgins après plus de 950km de piste, où la Carretera Austral se termine en cul-de-sac et où un camion de ravitaillement ne vient qu’une fois toutes les 3 semaines (par chance, il est passé aujourd’hui!). Pour arriver là, nous avons été accompagnés sur les 10 derniers kilomètres  par la pluie et un fort vent. Un peu d’émotion m’a submergé devant la pancarte du village… C’est une nouvelle étape de franchie, la dernière avant Ushuaia…

Coincés dans cette "voie sans issue", nous nous préparons maintenant à passer en Argentine et à traverser une frontière un peu spéciale… Mais nous vous raconterons cela d’ici peu!
PS : Heather est aussi arrivée hier. Entre bus, stop, poussée du vélo et marche, elle a réussi à nous rejoindre juste à temps et nous sommes soulagés qu’elle soit parvenue à nous rejoindre.

[Drapeau de Chili Sara | Le 24-01-2010 19:22 | 3 commentaires]

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